Balu Brigada fait chavirer le Trabendo

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Il y a des concerts qui ne ressemblent à rien de ce qu’on attendait et qui, pourtant, sont complètement logiques. Au concert de Balu Brigadda au Trabendo, le public ressort avec l’impression d’avoir assisté à quelque chose de particulier. 700 places, sold-out, mercredi 29 avril. Les frères Henry et Pierre Beasley, originaires d’Auckland en Nouvelle-Zélande, débarquent pour leur toute première tournée en tête d’affiche en Europe. Jusqu’ici, on les avait surtout vus en ouverture du Clancy World Tour de Twenty One Pilots. Ce soir, c’est leur scène. 

Le Trabendo est chaud, vraiment, dans tous les sens du terme. La salle est pleine à craquer, fin avril, tous les ventilateurs ne sont pas allumés, et pourtant on suinte comme si nous étions aux Déferlantes, en plein milieu du mois d’août. Sur la petite scène du Trabendo, qui accueille toujours les meilleurs artistes (nous y avons vu Starsailor, Kadebostany, Crystal Fighters, pour ne citer qu’eux), le public sait ce qu’il vient voir : un groupe, un artiste, pas forcément très connu en France, souvent acclamé à l’international, avec une vraie fanbase investie et bienveillante. Le Trabendo, pour cela, a quelque chose de magique sur chacune de ses dates. 

Il n’est que 20 heures quand les premières personnes foulent le sol de cette salle. La première partie tenue d’une main de maître par DJ Ryeberry crée une ambiance groovy funk comme il est rare d’en voir avant une tête d’affiche. Seuls ou accompagnés, les personnes présentes entrent dans la danse sans aucun effort. En prime : un remix de Backseat qui sera joué quelques minutes plus tard par le duo tant attendu.

Puis, Balu Brigada monte sur scène.The Portal ouvre le set et installe immédiatement la couleur : pop alternative musclée, basses bien en avant, les deux frères en harmonie dès les premières secondes. Golden Gate Girl et Sideways enchaînent sans temps mort, le public est en transe et connaît largement toutes les paroles. Le ton est donné : ce soir, ça ne ralentit pas. Sans trop attendre d’ailleurs, les musiciens foulent les bords de la scène, montent et jouent de leurs instruments sur les amplis, sourire aux lèvres à chaque instant. En même temps, l’amour entre l’audience et le groupe est largement réciproque. 

Politix confirme l’énergie, avant que Designer ne provoque la première montée collective de la salle. Un titre qu’on attendait, et qui tient toutes ses promesses en live. C’est l’une des forces du duo : leurs chansons, déjà bien calibrées en studio, gagnent encore en puissance sur scène, portées par un dispositif live soigné qui ne sacrifie rien à la chaleur du son. D’ailleurs, il y a fort à parier que le format fonctionnera tout aussi bien au Main Square, à Rock Werchter et au Paléo qu’il ne fonctionne ce soir. Pour preuve : le groupe a ouvert pour Twenty One Pilots et joue les mêmes jours que le duo américain sur les festivals cités. Le public devrait être au rendez-vous et asseoir le groupe néo-zélandais comme révélation musicale de ces prochaines années.

The QuestionWhat Do We Ever Really Know? et 4:25 amènent une légère respiration dans le set, sans jamais relâcher l’intensité. Moon Man et Number One replacent la barre haut, avant que How It Would End ne vienne chercher quelque chose de plus profond dans la salle, un de ces titres qui fonctionnent aussi bien en festival qu’à 700, parce qu’ils ont été écrits pour être ressentis plutôt qu’entendus.

Arrive ensuite la séquence qui fait basculer la soirée dans quelque chose d’autre. DARE de Gorillaz, d’abord, fait office de reprise qu’on ne voit pas venir et qui transforme instantanément le Trabendo en dancefloor. Puis Seven Nation Army des White Stripes, qui achève de convaincre les derniers sceptiques s’il y en avait : le duo s’amuse, et cette énergie est communicative. Henry descend dans le public pour son solo de guitare, s’y perd un peu, les gens s’écartent en riant, il finit par y rester quelques secondes de trop, comme s’il ne voulait plus remonter. La salle le retient presque. Entre-temps, le groupe demande si quelqu’un fête son anniversaire. Quelqu’un lève la main et a le droit à une reprise de Happy Birthday, rien que pour elle. On ne voit pas ça tous les jours.

Puis, l’apothéose. BackseatBedHead et Butterfly Boy ferment le set principal avec l’intensité qu’ils avaient mise depuis le début. So Cold, en dernier, clôt l’ensemble avec le titre qui les a fait connaître à l’international : celui qui tourne sur les radios alternatives, qui figure sur la bande-son FIFA 2025, celui que tout le monde dans la salle connaît et qui fait monter les voix sans qu’Henry ait besoin de demander quoi que ce soit.

Le rappel, lui, est un geste. Robot Rock de Daft Punk, clin d’œil explicite à la France, à Paris, à la salle, puis Find a Way / Could You Not pour refermer le tout. On sort en sueur, sourire aux lèvres, avec la certitude qu’on vient d’assister à quelque chose qui ne restera pas longtemps dans des salles de 700 places.

Ce Portal Tour européen n’est que le début. Balu Brigada sera au Main Square d’Arras et au Rock Werchter en Belgique cet été, ainsi qu’au Paléo Festival de Nyon. Ils y retrouveront retrouveront Twenty One Pilots en exclusivité française, aux côtés desquels ils avaient fait leurs armes en première partie. La progression est logique, et elle est rapide. À ce rythme-là, le Trabendo risque fort d’être l’une de leurs dernières dates parisiennes avec une telle intimité.

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