Meute réinvente la techno à Paris

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Meute, l’inclassable fanfare techno venue d’Allemagne et habituée des routes françaises, a transformé le Zénith de Paris en un gigantesque dancefloor le 6 mars. Armés de cuivres et de percussions, la troupe de musiciens réinvente la musique électronique en live, sans machines ni platines – et c’est ce qui fait toute leur puissance. Leur passage parisien n’a fait que confirmer l’efficacité de leur concept.

Souvent comparés (rapidement parfois) à Parov Stelar, les deux projets musicaux ont toutefois un énorme point commun : leur relation avec Paris. Tous deux invités réguliers de Solidays, ayant commencé dans des relatives petites salles de la capitale (Meute avait offert un concert d’anthologie à la Cigale, capté et diffusé par la suite). Autant l’un que l’autre, c’est sur la scène du Zénith de Paris que se prouve leur réputation, avec des salles pleines à craquer.

Dès les premières notes de Loss of Hope, l’ambiance est posée : hypnotique, puissante, portée par une rythmique implacable et infinie. Ce qui impressionne également, c’est la cohésion presque chorégraphiée entre les musiciens sur les titres, offrant une dimension supplémentaire au show. Sans improvisation, les artistes savent tous où se mettre les uns par rapport aux autres, sur ou devant les marches créant une sorte de pyramide entre les musiciens. Tantôt au premier rang, tantôt plus en retrait, chacun a sa place et aucun n’est plus mis en avant par rapport à ses confrères. Meute jongle entre compositions originales et relectures désormais connues et reconnues de titres emblématiques. Rej, morceau culte de Âme, fait rapidement monter la pression avant Every Wall Is a Door, hommage au producteur français NTO.

La salle vibre lorsqu’arrive The Man With the Red Face, réinterprétation du classique de Laurent Garnier reprise par tout le public, comme s’il s’agissait d’une chanson. La ligne de saxophone, portée par une section rythmique en feu, électrise le public. Après un détour par des reworks surpuissants comme Panda ou Anti Loudness, la fanfare explore des territoires plus introspectifs avec Versatile et Acamar. Puis, le public est cueilli par l’intensité de What Else Is There, où la mélancolie du morceau originel de Röyksopp se mêle à la frénésie du live, et ce n’est pas pour nous déplaire.

Le groupe relance rapidement la machine avec Think Twice, Infinite et Slow Loris, chacun apportant sa touche hypnotique et percussive à cette transe collective.

Alors que le concert semble toucher à sa fin, Meute revient pour un rappel explosif. Leur version de Slip de deadmau5 fait vibrer le Zénith, avant une ultime décharge d’énergie sur You & Me de Disclosure, où les percussions résonnent comme un dernier appel à la fête. La soirée s’achève sur Mental Help, un final percutant qui laisse une salle en ébullition.

Impressionnant : le show dure près de deux heures. Nous ne pouvons qu’admirer la force et l’énergie qu’il faut pour, durant si longtemps, tenir à bout de bras un cor et souffler dans un saxophone. D’une certaine manière, le public en aurait bien redemandé, tant il était facile de se perdre dans les titres infinis de Meute. Quoi qu’il en soit, après une date remarquable à Woodstower en 2024, la troupe sera de retour en Auvergne Rhône Alpes avec un show à Musilac.

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