Bienvenue au Free Spirits Wellness Center

Le duo n'est pas un inconnu à Paris. Après deux concerts au Bataclan fin octobre 2025 ainsi qu’une date au Lollapalooza de Paris, Ca7riel & Paco Amoroso revenaient dans une salle bien plus grande, auréolés d'un Grammy du meilleur album latin rock ou alternatif pour Papota et forts d'un deuxième album, Free Spirits, sorti en mars avec Sting, Jack Black, Fred again.. et Anderson .Paak en invités. Si la salle n’est pas remplie ce soir, le public, pour beaucoup hispanique, vient clairement en connaissance de cause. Il ne faudra que quelques secondes pour que le Zénith ne s’enflamme. Pour expliquer le concept de ce show, inspire directement de leur album : une clinique imaginaire dirigée par Sting, où l'on soigne les célébrités brisées par la gloire. Ici, tout y est. Les deux Argentins font leur entrée sur des brancards, patients fraîchement admis, tandis qu’une personne, mimant la voix de Sting, explique le concept du bien être qui va guider cette soirée. 

Douze étapes pour se sentir bien

Le concept proposé par le duo argentin tient tout du long, tout est fait pour nous plonger dans l'univers de la cure et du bien-être, tant par la musique que la scénique. Une voix guide le public, et les artistes, dans un protocole en étapes, indiquent à chaque fois comment faire évoluer ce bien-être. Le concert est structuré en actes, chaque « step » lançant une nouvelle séquence, la thérapie est collective. En parallèle des titres, dont No me sirve más qui ouvre le bal, les paroles sont retranscrites en anglais sur les écrans géants. À gauche, on verra souvent Ca7riel, à droite, plutôt Paco Amoroso. Les deux artistes dont la collaboration a permis le succès, ont chacun leur univers et savent parfaitement comment passer du show millimétré à l’intéraction sincère. 

Le Zénith enchaîne avec Nada nuevo, Ay ay ay, Muero, Mi diosa et #Tetas, soit les premières étapes du traitement. Hasta Jesús tuvo un mal día installe ensuite l'esprit Free Spirits, avant que Impostor, Vida loca, Goo Goo Ga Ga, Re forro et El día del amigo ne relancent la machine. Des titres forts, marquants de l’univers du duo, qui dompte naturellement la scène : cordes à sauter, exercices physiques, hydratation de la peau, rien ne sera similaire au titre précédent.

Une montagne russe de genres

La suite est un condensé de ce qui fait la marque du duo : Dumbai, Baby Gangsta, A mí no, Mi deseo / Bad Bitch, Todo ray, Cosas ricas, et les genres se télescopent sans prévenir, du trap au rock en passant par l'électro. El único et La que puede, puede font office de sommet collectif, avant Todo el día, chanson de Paco, puis Ha Ha et Lo quiero ya!.

Le finale prend des allures de rave à laquelle, via la voix de Sting, nous sommes invités à participer : un medley Pirlo / Axel F / Cono hielo / Culo con caca, puis Beto's Horns, la reprise avec Fred again.., Himno del mediocre et Sexy Magic pour conclure. Le public connait chaque parole et ne doute pas du texte, les pogos se forment désormais devant des artistes qui termineront en slam dans le public. Rarement vu dans un show du Zénith, la scène commence à être démontée alors que le duo est encore sur scène. Conséquence d’un retard en début de show ou effet scénique d’un supposé « on ne veut pas quitter la scène » ? Rien ne le dira, mais l’effet est là, le retard est d’ailleurs tout pardonné. Et une fois de plus, Ca7riel & Paco Amoroso rappellent que la musique latino-américaine est en passe de dompter le monde. Bad Bunny, attention, t’es pas seul.