Il faisait partie des festivals à ne pas manquer en septembre. Jazz à la Villette continue fort avec la présence de Selah Sue accompagnée de la famille Galland, un moment suspendu qui a marqué les coeurs de nombreux fans.
Selah Sue, la poésie personnifiée
Toute personne ayant vécu au cours des vingt dernières années sait à quel point Selah Sue s’est faite une place dans le paysage musical francophone et international. Tout droit venue de Belgique, l’artiste a su défendre un style jusque là pas si grand public, entre la soul, le reggae, voire le R&B. Ragamuffin et This World ont touché en plein coeur un grand nombre de personnes, et l’artiste est régulièrement présente en festivals par chez nous. Musilac y a eu droit au moins deux fois, La Nuit de l’Erdre l’a accueillie en 2024, tout comme le World Festival Ambert, pour ne citer qu’eux.
Mais Selah Sue, c’est quelque chose de très particulier. Un chignon toujours parfaitement vissé, un sourire permanent et une présence scénique inratable. Au Jazz à la Villette, quelques jours après le passage marquant de Snarky Puppy & Metropole Orkest, elle arrive, accompagnée des Gallands.
L’histoire d’amour qui dure avec The Gallands
The Gallands, c’est un père, Stéphane Galland, et un fils, Elvin. Le premier a fondé le groupe AKA MOON et a collaboré avec Ibrahim Maalouf, rien que ça. Le second est le directeur musical de Helena et peut se vanter d’avoir collaboré, entre autres, avec Sting et Damso. Musicalement, les deux sont des génies (presque autant que notre photographe Laura Galland, mais elle n’est pas de la même famille, et c’est une autre histoire). L’histoire entre Selah Sue et les Gallands, rois de la musicalité touchante et des sonorités jazz puissantes, était logique.

C’est sur scène qu’on frissonne
Le trio notamment accompagné des choristes Stéphanie Rugurika et Judith Okon fait vibrer des les premières notes de Ready to Play qui ouvre le bal. Pas besoin d’être un fan ou un connaisseur de l’album Movin’ pour fermer les yeux et entrer dans le monde scénique que nous offre ce soir Jazz à la Villette. Les jeux de lumière mettent en valeur les artistes autant que les jeux de contrejour les mettent dans l’ombre. Chacun a sa place, et si Selah Sue est au centre de la scène, elle partage avec humilité et passion le décor avec les artistes qui l’accompagne.
Selah Sue, dans un français brillant, meilleur à chaque date, prend la parole et parle de l’émotion qui l’envahit devant cette foule attentive. Tout de suite, elle présente les autres artistes avant de s’engouffrer, petit à petit, dans les différents titres de cet album collaboratif, album un peu « heureux accident », car à la base, seuls quelques titres devaient voir le jour. Album qui a aidé Selah Sue, qui traversait alors une étape difficile de sa vie.
Cette joie de la création se ressent dans chacune des notes et dans le sourire de chacun et chacune, artistes et publics confondus. Entre le puissant Nothing to Fear, le touchant In A Minute ou encore le titre éponyme Movin’ qui sera joué proche de la fin, Jazz à la Villette rencontre un mélange d’émotions, combinés à l’excellence d’artistes qui font clairement partie des plus grands du jazz.
Petite surprise également avec une reprise plus jazzy que jamais du célèbre titre Blackbird des Beatles, qu’il est bon de redécouvrir dans un format surprenant. Puis, Selah Sue & The Gallands offriront une chanson unreleased, preuve que la collaboration entre les artistes est faite pour durer, outre l’album Movin’. Ce titre entrainant et joyeux, au cours duquel nous prenons plaisir à fermer les yeux le sourire en coin, traite de la liberté et de la créativité dans la vie : how does it feel to be free ? Ce soir, nous savons ce que ça fait, de se sentir libre, grâce à la musique.
Les artistes referment la soirée avec Into Forever, sous de très, très longs applaudissements d’une salle comble, en plein coeur de la Grande Halle de la Villette. Selah Sue & the Gallands continuent leur tournée notamment dans quelques festivals, dont le Pukkelpop en Belgique. Pour la France, rendez-vous au Nancy Jazz Pulsations, ou encore à la Fiesta des Suds de Marseille.
Concernant Jazz à la Villette, quelques rendez-vous sont toujours à noter, comme le concert de Gogo Penguin ou encore The Getdown. Comme quoi, la saison des festivals n’est pas tout à fait terminée.

