C’est sous une météo aléatoire et beaucoup de bonheur partagé que s’est achevée l’édition 2026 de Rock en Seine. Cette année encore, les têtes d’affiche se sont données rendez-vous pour une fin d’été marquante.
Des souvenirs plein la tête
Impossible de ne pas commencer en parlant de ces nombreux concerts marquants, et très souvent exclusifs au festival. Tyler the Creator offrait par exemple sa seule date française de l’année, en plein coeur d’une très courte tournée. L’artiste, seul sur scène, a su ravir les inconditionnels fans avec une énergie débordante et une joie communicative. Si ce mercredi fut le moins rempli des jours, sûrement à cause d’une tête d’affiche peut-être un peu trop niche, ce début de festival dénote également par la présence de Sombr, croisé quelques mois plus tôt à la Salle Pleyel. Miki, reine de l’été 2026, ouvre la Main Stage tandis que Jain offre l’un de ses concerts secrets à deux reprises, devant la scène Boursorama encore fermée. Le concept a également vu le jour aux Vieilles Charrues, et fut pour l’artiste un moyen organique de présenter son album qui sortira en novembre, avec quelques titres en français et un duo avec Meryl.

Tout cela, c’est juste le mercredi. The Cure, également croisés à Paléo tout comme Lorde, ont offert des moments à couper le souffle. Sous la pluie, Likke Li, si rarement en tournée, a fait preuve d’une incroyable présene scénique sans pour autant être très communicative avec un public qui aurait pu être un peu plus conquis, surtout en attendant l’inévitable I Follow Rivers. Franz Ferdinand, chouchous des publics français, ont évidemment retourné la scène Boursorama, non pas devant un public vraiment compressé sur une scène bien trop petite pour eux. Black Country, New Road, de retour après un passage au Casino de Paris, ont clôturé la scène AXS avec un jazz à la limite du parfait, tout en jouant Stangers, présent sur l’album Help (2), dont on ne parle jamais assez.
Des journées éclectiques, d’autres beaucoup moins
Les fans de rock et de métal auront été servis lors d’un samedi très hétérogène, musicalement parlant. Outre la présence de Fcukers, la programmation avait des allures de Hellfest entre les marseillais de LANDMVRKS, la tête d’affiche Deftones, l’énergie d’Amyl and the Sniffers ou la folle énergie de Turnstile. Si la journée affiche quasi complet, les publics ont très probablement boudé le jeudi, voire le mercredi, pour cette raison. Les flux d’une scène à l’autre sont parfois très compliqués à suivre dans cette marée humaine.
Le jeudi, au contraire, assume un grand éclectisme entre l’indie de Djo, avec ses faux airs de Declan McKenna, Lorde évidemment, mais aussi la reine Sam Quealy, la techno de Kompromat et le rock de Florence Road, découverts en première partie de Wolf Alice au Zénith de Paris, également sur l’affiche du dimanche. Une journée qui en devient, d’un coup, plus appréciable, tant par le choix de programmation plus facile à faire, mais surtout par la division des publics, rendant le site beaucoup plus agréable à traverser.

Les pépites qu’il ne fallait pas rater
Outre les légendes présentées, certains noms vallaient largement le coup d’oeil et l’oreille attentive. Sam Quealy, nouvelle reine australienne de la techno-pop exilée en France, a su conquérir une fois de plus le coeur de nombreux·ses festivalier·es sur la scène AXS. Ditter a mis une claque aux quelques dizaines de personnes ayant fait le choix de ne pas aller voir The Cure, tandis que Bonne Nuit a prouvé pourquoi ils avaient leur place sur tant de festivals cette année. Kingfishr, dans un style folk irlandaise comme on aime, a emporté nos coeurs avant l’arrivée de la légende Nick Cave and the Bad Seeds qui fêtait la dernière date de cette immense tournée.
Gwendoline, en collaboration avec l’association Futur Composé, a également offert un moment de légèreté, entre reprises de classiques de la chanson française et titres personnels, interprétés avec plusieurs artistes atteints de TSA.

Un public qui s’internationalise
Malgré un mercredi et un jeudi plus calmes en termes de fréquentation, Rock en Seine a su attirer de nombreuses foules lors de ses trois dernières journées. Lors de l’ultime concert, celui de The Cure, le festival était carrément vidé de ses festivalier·s, tous·tes réuni·es devant la Grande Scène, la seule non renommée par une marque.
Notons également que le public de Rock en Seine, depuis quelques années, a tendance à s’internationaliser. Cette édition est d’autant plus marquante que Glastonbury n’a pas eu lieu : serait-ce la raison de l’attrait des anglais pour le festival parisien, par ailleurs moins cher que les événements outre Manche ? Car malgré les prix journaliers de Rock en Seine, avoisinant bientôt les 100 €, les événements anglais restent bien plus coûteux. Rock en Seine a le mérite d’avoir regroupé une programmation puissante, fidèle aux origines rock du festival qui a vu se séparer Oasis. Pour certains festivals ayant cruellement besoin de financements, certains comme ici perdant même des subventions, le renouvellement des publics semble nécessaire. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui explique la présence toujours plus conséquente de marques sur les sites, donnant parfois leur nom à une scène.
Rock en Seine a tenu le pari, une fois de plus, de frôler l’excellence musicale, permettant à certaines journées d’afficher complet. Si le défi est de plus en plus difficile à réussir, le festival peut se vanter de faire partie des mastodontes du pays, voire d’Europe. Rendez-vous en 2027 pour la prochaine édition. Si la tendance suit celle de 2026, les premiers noms pourraient ne pas tarder à être annoncés.
