Le chemin parisien de Jungle se lit comme une courbe de croissance. Zénith le 1er juin 2022, Centquatre en octobre 2023 pour la sortie de Volcano, puis la grande scène de Rock en Seine le 23 août 2024 : l’Accor Arena constitue un nouveau palier pour le collectif londonien, qui ne manquera pas de citer la plupart des dates qu'ils ont fait à Paris, le tout, dans un français impeccable. Ce soir, la salle est pleine à craquer, le concert était sold-out depuis un moment déjà.

Un rideau rouge, puis Bercy se lève

Le décor se joue avant la première note. Un grand rideau rouge frappé du logo du groupe masque la scène, qui n’apparaît qu’au premier titre, Smile, qui introduit le show passé 21h15. Si la scénographie a été entièrement repensée et est parfaitement adaptée à l'immensité de l'Accor Arena, le logo du groupe, lui, ne bouge pas depuis les débuts. JUNGLE en lettres lumineuses, c'est la signature des londoniens sur scène.

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Jungle à l'Accor Arena - Photo Romy Rycertz

La salle n’attend pas longtemps pour répondre. Après le premier morceau, un « Bonsoir Paris, est-ce que vous êtes chauds ? » est lancé dans un français impeccable. Dès The Heat, le deuxième titre, le public se lève, gradins compris. Sur le troisième, Heavy, California, le groupe fait taper dans les mains, sous une scène toujours rouge.

Des formes plutôt que des écrans

L'écran géant en fond de scène est pensé pour intégrer parfaitement les jeux de lumière, projetés à la fois sur les artistes et sur le public. La mise en scène repose sur des formes, comme des arches concentriques, des dômes, un disque de soleil, qui épousent chaque morceau. Le rouge domine pourtant l’essentiel du concert, certains titres laisseront place à d'autres couleurs moins chaudes, mais l'ambiance groovy invite à cette ambiance pensée dans le détail. Des écrans plus discrets sur les côtés relaient les musiciens et accueillent Channel Tres sur leur duo I'Ve Been in Love.

Une scène sans hiérarchie

Les deux artistes principaux savent s’effacer derrière leurs instruments, et chacun change de place à chaque titre. Les permutations sont si naturelles qu’elles passent presque inaperçues, et tout le monde finit par se retrouver au centre à un moment ou à un autre. Les choristes ne le restent d’ailleurs pas longtemps : plusieurs titres les propulsent au premier plan. Ce partage de l’espace donne au concert son énergie de bande plutôt que de duo à entourage.

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Jungle à l'Accor Arena - Photo Romy Rycertz

Bulles, ingé son et final bleu

Le répertoire mêle les titres de Sunshine (The Wave, Someday, Somewhere, Where Are You Now?, Move Like You Do) à ceux de Volcano (Problemz, Dominoes, Back on 74, Coming Back) et à des morceaux plus anciens comme Drops. Sur Coming Back, des sortes de bulles de savon en forme de ballon sont lancées sur le public, et l’ambiance l’a immédiatement validé. Le groupe s’arrête en plein set un moment pour féliciter son ingénieur du son Antoine Richard, Français et fidèle depuis les débuts, et fait applaudir la salle en son honneur.

Clap de fin temporaire avec GOOD TIMES et applaudissements nourris dans l'assemblée. Au rappel, les lumières passent au bleu sur Keep Moving, puis Busy Earnin’ clôt la soirée. Près de deux heures de show n’ont pas suffi : les musiciens ne voulaient pas quitter la scène. Nous non plus, on aurait pu entendre ce titre mondialement connu autant de fois que possible.

Jungle est passé par toutes les étapes et apporte son amour et sa bonne humeur aux publics parisiens depuis des années. Reste que la mécanique est très rodée. Petit regret de ne pas avoir entendu Carry On, le single qui a annoncé Sunshine et qui n’a pas été joué. Peu importe : on se souviendra longtemps de Jungle à l'Accor Arena, deux jours après le show de Duran Duran, qui nous laissait également sans voix.

Le verdict tient en une phrase : un spectacle d’arène très généreux, visuellement cohérent et physiquement irrésistible, à qui il manque seulement un peu de risque pour dépasser le simple plaisir de la danse.

Jungle sera sur quelques festivals en 2027 : Nos Alive au Portugal, Best Kept Secret aux Pays-Bas, entre autres. Une date en France, peut-être aux Vieilles Charrues ? Les semaines à venir nous le diront.

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Public - Jungle à l'Accor Arena - Photo Romy Rycertz