Jayler, quatre jeunes des West Midlands pour chauffer la salle
Ils ont vingt et vingt et un ans, ils viennent des West Midlands et ils n'ont sorti qu'un seul EP, A Piece In Our Time, en 2023. Pourtant Jayler a déjà partagé des scènes avec Guns N' Roses et Lynyrd Skynyrd au Brésil, et il accompagne Deep Purple sur plus de trente dates cette année, jusqu'au Royal Albert Hall de Londres le 25 novembre. Sur scène, le groupe en impose : à tout juste la vingtaine passée, pantalon en pattes d’eph, chemise ouverte jusqu’au nombril. Tout y est. Le quatuor revendique lui-même un son difficile à ranger dans une case, entre blues rock, pop rock et touches folk, avec des filiations assumées du côté de Led Zeppelin et de Greta Van Fleet. Ce soir-là à Paris, c'est cette énergie brute, sans fioritures ni calcul, qui a servi de rampe de lancement à la soirée. Parfait pour se mettre en jambe avant les légendes que sont Deep Purple, déjà croisées à Musilac en 2018.
Au programme : Down Below, The Getaway, No Woman lancée par une intro de guitare, Kickin' Stones, un morceau testé en live et qui fera partie de leur prochain projet. Également, Riverboat Queen, une version courte de Lovemaker, Over the Mountain, puis The Rinsk en point final. De quoi donner envie de les retrouver dans un cadre plus intime : Jayler sera de retour à Paris le 28 février 2027 à La Maroquinerie. Nous, on y sera très clairement.

Deep Purple, les émotions s'emballent
Peu après le départ de Jayler de la scène, et sous des applaudissements nourris, le concert de Deep Purple, le concert s'ouvre sur une vidéo psychédélique d'inspiration Star Wars. Le public, encore assis même en fosse (ce qui peut surprendre pour cette typologie de concert), est en effervescence. Le groupe arrive sur scène et enchaîne sans reprendre son souffle : Highway Star, A Bit on the Side et Into the Fire, trois titres d'affilée sans un mot d'Ian Gillan. Deep Purple ne cache pas ses nouveaux morceaux au fond de la setlist : Arrogant Boy et Diablo, tirés de Splat!, se glissent au milieu des classiques, de même que Lazy Sod, héritée de l'album précédent, =1.
Le reste de la soirée laisse une place immense aux instrumentaux. Gillan s'éclipse de temps à autre, parfois en pleine chanson, et laisse ses musiciens tenir la scène pendant de longues minutes, d'abord avec un solo de guitare de Simon McBride, arrivé en 2022, puis avec deux solos de clavier de Don Airey. D'une certaine manière, le chanteur rappelle l'importance des musiciens, qui portent le projet tout autant que lui. Le premier solo de Don donne lieu à un clin d'œil très français : un serveur vient apporter un verre de vin au claviériste, belle référence cocorico. Le second prend des airs de récital tricolore, avec le Boléro puis La Marseillaise. Derrière, Ian Paice à la batterie, seul membre fondateur encore à bord, et Roger Glover à la basse, présent depuis 1969, restent le socle d'une machine qui tourne avec une précision rare.
À l'écran, des visuels très colorés, volontiers psychédéliques, accompagnent l'ensemble. La dernière ligne droite réunit ce que le public était venu chercher : Perfect Strangers, Space Truckin' et Smoke on the Water. Sur ce titre, impossible pour le public de rester sur sa chaise : tout le monde se lève et crie à pleins poumons ce titre légendaire, qu’il fait toujours autant du bien de l’entendre. Joué en live, c’est les émotions de toute une vie qui prennent le dessus. Puis, Deep Purple lance Guinnesis et la reprise de Hush. Pas de rappel en bonne et due forme : le groupe referme la soirée sur une sorte de slow d'adieu, puis quitte la scène, et la salle se retrouve dans le noir. Gillan, lui, reste très économe en paroles avec le public. "Goodbye I’ll see you in my dreams"
La place des musiciens
Ce qui frappe, c'est la place laissée aux instrumentistes : Deep Purple assume de faire du concert un moment de musiciens, avec de longs dialogues entre la guitare et l'orgue Hammond, quitte à laisser son chanteur en retrait. Les nouveaux titres tiennent la route face à Machine Head, et ce choix de faire vivre un répertoire en mouvement évite à la soirée de ressembler à une visite de musée. Notre verdict est simple : si vous cherchiez de la conversation avec le public, vous serez servis en virtuosité plutôt qu'en bavardages, et nous trouvons que cela se défend. Le groupe dit d'ailleurs ne pas songer à la retraite, et on peut aimer Smoke on the Water depuis toujours et repartir avec Diablo dans la tête.
Deep Purple et l'Europe, c'est pas fini !
La tournée française se poursuit en novembre à Strasbourg, le 10, au Zenith, ensuite à Bordeaux le 12 à l’Arkea Arena, puis au Zénith de Nantes le 13 novembre et enfin à la LDLC Arena de Lyon-Décines le 15 novembre, toujours avec Jayler en première partie. Le groupe passera aussi par l'Ziggo Dome d'Amsterdam le 9 novembre avant une série de dates britanniques du 18 au 24 novembre, qui culminera au Royal Albert Hall le 25 novembre.






