Sombre Clair

À l’approche de la saison des festivals, les internautes et les organisateurs de festivals se mobilisent sur les réseaux sociaux pour faire entendre leur voix et dénoncer les conditions de travail et d’organisation irréalisables.

Un mouvement qui dénonce les conditions d’organisation « impossibles »

Le 18 février dernier, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, avait annoncé sur France Culture que la tenue des festivals du printemps et de l’été serait assurée. Pour cela, les conditions sont strictes. Elle avait notamment annoncé une limitation du nombre de spectateurs à 5 000, contraints à rester assis. À cela, se rajoute l’interdiction des buvettes et stands de restauration, représentant pas moins de 20% des revenus des festivals. Les organisateurs de festivals craignent de ne pas tenir le coup.

Devenu viral sur internet depuis le week-end dernier, le hashtag #DeboutLesFestivals accompagné de photos, vise à faire pression sur le gouvernement en dénonçant ces conditions comme étant impossibles d’un point de vue logistique, financier, et pour le public. Organisateurs et internautes publient et partagent sous ce hashtag des photos mettant en scène une chaise vide et seule sur une place publique, dans un champ, un théâtre ou encore un stade.

Une cinquantaine de festivals ont déjà participé au mouvement, exprimant leur colère et leur désarroi face à cette situation. On compte parmi eux : le Hellfest, les Petites Folies, le Festival Interceltique de Lorient, Lollapalloza Paris, la Nuit de l’Erdre, la Fête du Bruit ou encore les Solidays.

De nombreux internautes se sont également exprimés sous ce hashtag. Pour beaucoup, un festival assis et limité en personnes n’a pas de sens. Ils confient :

« Je veux retrouver les concerts et les festivals mais pas dans ces conditions, dans lesquelles, on perd une grande partie de sensation et de partage. »

« Se rendre à un festival c’est découvrir une grande famille »

« Un festival assis n’est pas un festival ! Cette année sera encore une année sans moi, hâte de vous retrouver entrain de danser, chant »

« On veut danser, manger, bouger, hurlez, chanter ».

Des mesures jugées trop strictes

Les organisateurs, se sont exprimés ce mardi, dans un communiqué où ils déplorent que “les festivals à jauge debout ne se voient toujours laisser aucun autre choix que de forcer leur public à s’asseoir ou d’annuler leur édition 2021. Les organisateurs de ces festivals en appellent une dernière fois au ministère et mobilisent leurs publics“. Ainsi, “La chaise, imposée par le ministère de la Culture, restera vide“.

Car ces mesures, si elles n’évoluent pas, sont pour les organisateurs, une dénaturation de l’esprit même des festivals, et entraineraient de nombreuses annulations. C’est d’ores et déjà le cas pour le Hellfest, Garorock et les Solidays qui ont décidés de ne pas maintenir leur édition 2021.

D’autres, ont fait le choix de maintenir, modifiant la forme du festival. C’est notamment le cas des Vieilles Charrues qui proposent à leurs festivaliers de venir sur dix jours. Ces différentes réactions mettent en lumière la diversité de l’offre festivalière en France. Cependant, tous craignent de ne pas pouvoir se relever et de survivre aux contraintes imposées par le Ministère de la Culture.

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