Suzane électrise La Belle Électrique

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Samedi 6 décembre 2025, Grenoble – La Belle Électrique

Le 6 décembre dernier, La Belle Électrique recevait chez elle une artiste aux multiples facettes : Suzane. Figure majeure de la scène électro-pop française, l’artiste a fait escale dans la capitale des Alpes à l’occasion de sa tournée Millénium Tour 2025-2026. Originaire d’Avignon et révélée au grand public avec Toï Toï (Victoire de la musique Révélation Scène) puis confirmée par Caméo, l’autrice-compositrice-interprète a sorti en septembre dernier Millénium, son troisième album ambitieux et engagé. Déjà venue à la Belle Électrique en 2023, Suzanne signe une tournée exigeante dans plusieurs salles françaises – du théâtre aux lieux plus intimistes en allant jusqu’au Zénith de Paris pour Mars 2026.

Gintsugi : envol poétique avant l’explosion

Gintsugi à la Belle Électrique – ©️ Laura Galland

Avant que les rythmes effrénés de Suzane ne s’emparent de la salle, c’est Gintsugi qui a ouvert la soirée, dans une ambiance mêlant à la douceur et puissance. Projet de l’artiste Luna Paese, Gintsugi évolue à la croisée de l’art-pop, de la folk et d’ambiances néo-classiques, explorant la vulnérabilité comme matière musicale. Sur scène, sa musique vous transporte : les éléments se répondent, le piano, l’électronique et la guitare s’entrelacent, créant une atmosphère intimiste où chaque note met en avant l’émotion du morceau. Une première partie tout en finesse, poétique et presque méditative, qui a doucement préparé le public à l’intensité à venir.

Suzane, un live puissant et fédérateur

Avant même son apparition, Suzane donne le ton. Dans la pénombre encore intacte de La Belle Électrique, Génération désenchantée résonne dans les enceintes, déclenchant une réaction immédiate du public. Les paroles sont reprises à tue-tête, la salle s’embrase avant même que le concert ne commence réellement. Puis les premières nappes électro surgissent, les lumières s’animent, et les danseuses investissent la scène. Suzane les rejoint dans un élan collectif débordant : le concert est lancé, et l’artiste prend instantanément le contrôle d’une salle déjà conquise, prête à vibrer au rythme d’un live aussi intense que fédérateur.

Suzane à la Belle Électrique – ©️ Laura Galland

Le set s’est déployé d’une force constante, alternant morceaux taillés pour la scène et titres plus introspectifs. 

Des premières salves électro aux extraits de MilléniumChampagne, Je t’accuse, Virile ou encore Marche ou rêve — chaque chanson a trouvé sa place, portée par une énergie collective palpable. Champagne a immédiatement fait monter la température avec ses rythmes nerveux et sa scénographie qui nous a directement transporté à notre repas de réveillon, tandis que Je t’accuse a rassemblé la salle autour de son propos frontal et engagé qui a su marquer les esprits.

Mais le concert a aussi laissé place à des moments plus sensibles, notamment avec Au grand jour. Sur ce titre, Suzane aborde l’amour queer tant dans la complexité de l’acceptation par les autres que de la simplicité du sentiment même. Un instant suspendu, où les regards se croisent et où l’émotion circule librement dans la salle. Fille virile a également résonné avec une force toute particulière : par ses mots, l’artiste met en lumière les injonctions et les luttes personnelles, touchant juste. Ces deux titres ont résonné avec une force particulière et, comme beaucoup ce soir-là, je me suis sentie comprise.

Suzane à la Belle Électrique – ©️ Laura Galland

Ce qui distingue particulièrement Suzane en live, c’est sa capacité à faire de chaque chanson un acte de partage. Entre les titres, elle a multiplié les interactions avec le public grenoblois : des sourires, des instants complices et drôles, des encouragements à danser… en bref, des moments authentiques et connectés avec son public. Les danseuses quant à elles ont littéralement embrasé la scène grâce à leurs chorégraphies imprégnées d’une énergie débordante qui ont su contaminé toute la salle.

Au-delà du rythme, c’est l’aspect militant des textes qui a transcendé le concert. Entre moments de liesse pure et passages plus réfléchis faisant résonner des thèmes de sororité, d’écologie, de justice sociale et de résilience, le public n’était pas seulement spectateur : il vibrait, chantait et se retrouvait dans les mots prononcés par l’artiste.

Une soirée où la performeuse nous a fait danser autant qu’elle a alerté et impacté sur des sujets profonds et d’actualité. À Grenoble, l’âme de Millénium a su trouver son public, alors merci encore pour ce moment et santé, tchin-tchin Suzane ! 

Crédit photo : © Laura Galland

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