D’un kit de batterie au micro, un parcours en partie accidentel
À 24 ans, le chanteur belge originaire de Mons en Belgique signe un premier album de onze morceaux, entre chanson française, rap et pop électronique. Le chemin vers l'Alhambra ce soir n’avait pourtant rien d’évident. Batteur à ses débuts, TeddyBear devient chanteur lors d’un concert de 2023, où il prend le micro un peu par accident. La musique est une affaire de famille, son père est un batteur qui a notamment accompagné Salvatore Adamo en tournée. D'ailleurs, la toute première chanson écrite par l’artiste s’intitule Bonsoir. Elle se retrouvera en avant-dernière position de ce premier opus chargé d'émotions, comme une boucle qui se referme.
Depuis, la trajectoire s’accélère. Première partie de Puggy à l’Olympia et à Forest National, artiste révélation du Chantier des Francofolies en 2026, récompensé aux NRJ Music Awards 2026 et à l’affiche de la Star Academy le samedi 31 octobre : en quelques mois, le plus gros single, Chaussures roses, a fait passer TeddyBear du circuit belge au grand public français.
Ce que les garçons taisent, TeddyBear le conte
Le fil rouge du disque tient en une idée : la sensibilité masculine face au modèle stéréotypé que la société prête aux hommes. L’acceptation de soi traverse Chaussures roses, les relations familiales irriguent Enfin bon et Bravo mon fils, les rapports hommes-femmes se logent dans Mâle aux filles, tandis que L’Humain pose un regard critique sur les comportements collectifs. Dans la presse belge, l’artiste explique avoir longtemps refusé l’étiquette du garçon gentil et s’être construit un personnage de rebelle pour s’en protéger. Avec Le Plus Beau, TeddyBear prend le chemin inverse. Le personnage tombe, les textes restent. Toute la sensibilité d'un homme se lit dans les mots, se ressent au plus près du coeur. Et ce soir à l'Alhambra, les textes prennent une forme et une force encore plus intenses.
Sur scène, la comparaison musicale avec Eddy de Pretto s’impose, autant dans la prose que dans la voix, avec un ton qui touche parce qu’il est très personnel tout en étant naturellement universel. Je suis beau, déjà bien connu du public, en est l’illustration la plus immédiate.
L'Alhambra : beaucoup d'émotions en peu de titres
À l’Alhambra, un seul morceau échappe à l’album, tout le reste du set est tiré du disque sorti quatre jours plus tôt. Le concert s’ouvre sur une version raccourcie de Chaussures roses, déjà joué la semaine précédente à la Star Academy, interrompu au mot « enchanté ». Enchanté, nous le sommes aussi, devant un artiste qui n'en est, très clairement, qu'aux débuts de l'escalier qui l'emmènera, dans quelques mois à l'Olympia. Pour celles et ceux qui arrivent en cours de route, les places restantes se comptent sur les doigts des mains : il n'est pas (encore) trop tard pour anticiper la charge d'émotion et de prendre ses places.
TeddyBear exprime, entre deux titres, sa joie d’avoir enfin pu montrer l’album. Non sans émotion, il sort une feuille pour être certain d'oublier personne dans ses remerciements : père, mère, petite sœur, puis sa manageuse, Sylvie Farr, qui accompagne également Angèle.
Autre moment fort, le titre Les monstres, sortie le 30 octobre : TeddyBear raconte avoir commencé à écrire, puis à chanter, à la suite de crises de panique vécues lorsqu'il travaillait dans un supermarché. Le morceau, à la charge émotionnelle contagieuse, naît de ces textes. Il le termine à la batterie, retour à l’instrument des débuts. Le moment est extrêmement fort, comme chacun de ses textes. La soirée se referme sur Bonsoir, dont les derniers mots disent qu’il avait encore tellement de choses à raconter. Pour celles et ceux qui l’écoutent, la promesse est claire : il en aura encore beaucoup à dire.
Le principal reproche est aussi un compliment : le set est court, et l’on en redemande. Pour une release party, ce choix du tout-album a le mérite de la cohérence et de l'émotion partagées en quelques dizaines de minutes. Reste l’essentiel : TeddyBear donne l’impression d’un artiste qui n’a pas besoin de masques pour toucher, et dont la sincérité tient lieu de signature. Avec un premier disque aussi assumé, le passage au Trianon puis à l’Olympia a des airs de simple formalité.
Dans quelques jours d'ailleurs, l'artiste belge sera l'un des moments forts de la prochaine édition des Trans Musicales, qui aura lieu à Rennes. Ami·es breton·nes, foncez, n'en manquez pas une miette.





