Barbara Pravi fait partie de ces artistes qui occupent une place particulière dans nos cœurs. Si elle a longtemps écrit pour les autres, c’est avec son premier EP éponyme, puis bien sûr son tube Voilà, qu’elle se dévoile. Ensuite, les Victoires de la Musique, puis un Olympia complet. En septembre 2024, Barbara Pravi sort La Pieva, son deuxième album. C’est celui-là qu’elle défend sur scène, notamment au Zénith de Paris, le 26 mars 2026. Un moment de communion avec une artiste qui, dans son dernier album, revient sur son histoire.
Un album ancré dans les racines
La Pieva est un mot serbe qui signifie « la chanteuse« , « la conteuse« . Derrière ce nom se cache une histoire de famille qui remonte loin. Tout part d’une lettre écrite en 2015 par le grand-père de Barbara, Deda (la chanteuse lui a d’ailleurs réservé un magnifique titre, parmi les premiers de sa carrière), dans laquelle il lui demande de retrouver les origines de leur nom de famille. Elle suit ce fil et tombe sur une ancêtre, la veuve Milovanovic — une gitane qui vivait dans les montagnes de Serbie et allait de village en village chanter pour les habitants. Elle chantait si bien qu’on oublia son nom, son veuvage. On l’appela simplement La Pieva.
Barbara Pravi nous a habitués, avec son album On n’enferme pas les oiseaux, prédécesseur de La Pieva, à nous raconter des histoires personnelles (preuve en est avec le magnifique titre La Ritournelle, parlant de la maladie d’Alzheimer dont souffrait sa grand-mère). Avec ce second album, la chanteuse va plus loin et, en parlant de ses origines, nous parle à tous et nous incite à découvrir encore plus sur nous-mêmes.

C’est donc cette figure de La Pieva que Barbara Pravi, rencontrée en 2022 aux Francofolies de la Rochelle, convoque sur ses douze titres. La famille, la transmission, la vie et la mort, le désir, la force de s’assumer, autant de thèmes qu’elle traverse avec une liberté de ton qui fait la richesse de cet album. Elle passe du piano-voix dépouillé de Maman à la pop-rock de Bravo ou L’Armure, glisse vers des couleurs plus sombres sur Exister, un morceau parlé-chanté qui évoque ouvertement Brel, et clôt le tout avec Si ce monde est fou, co-écrit avec Adrien Gallo des BB Brunes. Douze titres, trente-sept minutes, et un album qui sonne comme une conversation intime autant que comme un manifeste que l’on prend plaisir à découvrir et à savourer.
Si le Zénith de Paris marque le terme d’une tournée à travers la France et l’Europe (comme aux Pays-Bas, où l’artiste est capable de remplir d’immenses salles comme l’AFAS Live) et par bon nombre de festivals, dont la Côte d’Opale en 2025, Barbara Pravi n’a à ce stade pas annoncé de nouvelles dates. Nous avons déjà hâtes, de notre côté, de la retrouver sur les routes, sur les scènes, dans nos oreilles et dans nos cœurs.
