Renée Rapp dévore le Zénith de Paris

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Lundi 16 mars, dans le cadre de son Bite Me Tour, Renée Rapp a offert au Zénith de Paris une soirée aussi débridée que touchante. Un show de plus d’une heure vingt qui confirme que la jeune Américaine n’est plus seulement une actrice qui chante — c’est une véritable bête de scène.

Absolutely en ouverture : la petite sœur qui monte

Avant même que Renée Rapp ne foule la scène, c’est Absolutely qui se charge de chauffer le Zénith. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Absolutely, de son vrai nom Abby-Lynn Keen, est la petite sœur de RAYE. Tout simplement. Outre les airs de famille, le style musical rappelle celui de celle qui remplissait l’AccorHotels Arena il y a quelques semaines : un alt-pop qui lorgne vers la soul, le R&B et parfois l’électronique — mais une identité bien à elle. Son single I Just Don’t Know You Yet a fait du bruit sur TikTok ces derniers mois, et son deuxième album Paracosm, sorti en février, lui donne une belle rampe de lancement pour cette tournée européenne. Sur scène, elle est sérénité et présence confondues. Bien que son dernier morceau ait du être écourté, l’artiste ayant cru voir un problème dans le public, l’émotion était là, alors même que Reneé Rapp se préparait encore en coulisses.

Le rideau rouge et le choc du début

Le concert commence en réalité avant le lever de rideau. Une vidéo se lance, Reneé Rapp prend la parole et rappelle ses engagements auprès de l’association Save the Children. Grâce à un QR code et en rappelant ce message, elle invite à faire un don à l’association pour aider «  des millions d’enfants (qui) grandissent dans des communautés touchées par la faim, les conflits et la pauvreté.» De plus, le merch de l’artiste est une occasion également de contribuer à l’apport à cette association.

La vidéo est à retrouver ici :

Les lumières s’éteignent alors. Un grand rideau rouge sur lequel s’inscrit le mot « Bite Me », le nom de la tournée, fait face au public. Sur les écrans, une vidéo démarre : plusieurs versions de Renée s’engueulent entre elles dans une scène savamment théâtrale — rappel que la jeune femme vient de Broadway et qu’elle n’a rien oublié, un clin d’oeil aussi probable au TDAH dont souffre l’artiste. Puis le rideau tombe, et Renée Rapp apparaît en haut d’un escalier central, t-shirt rouge, pantalon noir, boots blanches et lunettes de soleil. Leave Me Alone explose dans la salle. Le Zénith se met à hurler. Le public connaît chaque mot, et ça se sent dès la première seconde.

Une setlist en deux temps

La première partie du show est pure adrénaline. Kiss It Kiss It, Talk Too Much, Poison Poison, Shy, Mad — les morceaux s’enchaînent à un rythme redoutable, Renée saute, danse, interagit avec le public, et la fosse ne s’arrête pas. Puis arrive un vrai changement de registre : elle retire ses lunettes de soleil, s’installe au piano, et tout le Zénith retient son souffle. Avant de lancer son prochain titre, l’artiste parle, cette-fois face à son public, assise sur le piano, de l’association Save the Children, une nouvelle fois. Si le message est le même, l’impact est d’autant plus fort qu’il est expliqué dans un sincérité touchante. Dans le public, de nombreuses personnes scannent déjà le QR Code. 

Reneé Rapp – Save the Children – Photo Sébastien Martinez-Cerisier

Alors, That’s So Funny et Sometimes révèlent une voix brute, puissante et désarmée. C’est durant cet interlude intime que la personnalité de Renée Rapp éclate vraiment : espiègle, humble, sincrement reconnaissante, et toujours proche de son public. Alors que ce dernier scande le prénom de la chanteuse, Reneé semble entendre « Burn It ». Eh oui, l’accent français, c’est quelque chose. 

On repartira ensuite vers des titres plus dansants, comme Good Girl et sa chorégraphie déjà culte chez les fans (beaucoup dans le public font les gestes avec elle), Swim — où elle longe la barrière en se filmant avec les premiers rangs grâce à un téléphone. L’émotion est là pour les personnes filmées, ce qui se ressent jusque dans les gradins —, I Think I Like You Better When You’re Gone, I Can’t Have You Around Me Anymore, At Least I’m Hot, Pretty Girls. La setlist est construite comme une montagne russe émotionnelle, on ne voit pas le temps passer.

Mention spéciale à Why Is She Still Here?, morceau déjà chanté en chœur à pleins poumons, et à In the Kitchen et Colorado, plus rares sur scène et particulièrement appréciés des fans de la première heure. La soirée se clôt sur Not My Fault — le tube co-signé avec Megan Thee Stallion — et Snow Angel, qui referme le show sur une note émotionnelle et presque fragile, contrastant parfaitement avec l’énergie brute du reste de la soirée.

Une artiste qui ne ressemble à aucune autre

Résolument engagée, ce qui frappe chez Renée Rapp, c’est la combinaison. Sa formation théâtrale — Mean Girls à Broadway, Sex Lives of College Girls à la télé — lui donne une aisance scénique qu’on ne s’invente pas et qui se ressent particulièrement dans la deuxième partie du concert de près d’une heure et demie. Reneé sait exactement comment habiter un espace, comment jouer avec le silence, comment transformer une salle de près de 7000 personnes en quelque chose de proche, dans un show certes millimétré, mais qui laisse toujours la place à l’improvisation et à la proximité.

Ce Bite Me Tour est sa troisième tournée, et sa première en arenas — le passage à l’échelle supérieure se fait sans effort apparent. Après l’Australie en janvier, l’Europe depuis le 11 mars — Anvers, Amsterdam, Berlin, Cologne avant Paris — la route mène encore vers Manchester, deux soirs à l’OVO Arena Wembley de Londres, et Dublin. Et pour les festivaliers qui auraient raté cette date, une autre occasion se présente cet été : Renée Rapp sera au Main Square Festival le dimanche, quelques heures avant Twenty One Pilots. À ne pas manquer, bien que la date soit déjà complète.

Main Square 2026
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