Le fleuron de la scène française à Paléo

Photo de couverture : marguerite, Paléo Festival Nyon 2026 – © Lucie Gertsch

Alors oui, Paléo réunit les plus gros artistes internationaux. Mais depuis près de cinquante ans, la scène française et francophone trouve son public, en masse, sur les planches de Nyon. Retour sur cette édition qui a vu se succéder une multitude d’artistes que l’on aime à découvrir, ou à redécouvrir.

Feu! Chatterton, les dandys modernes

Qui s’est déjà retrouvé malheureux devant le sourire d’Arthur Teboul, toujours prêt à partager sa joie sur Un Monde Nouveau ? Une fois de plus, le groupe, en plein milieu d’une immense tournée des festivals, s’est retrouvé à Paléo. Comme à La Nuit de l’Erdre ou à We Love Green, Feu! Chatterton a prodigué sa magie, issue de son album Labyrinthe, sans oublier ses classiques tels que La Malinche, qui conclut le live. Comme quoi, la poésie française a encore de beaux jours devant elle.

Feu! Chatterton, Paléo Festival Nyon 2026 – © Nicolas PATAULT

Suzane, résolument engagée

Suzane fait partie de ces artistes qui, tout au long de leur carrière, n’ont jamais fait de concessions sur les messages, peu importe qui les reçoit. À Paléo, Suzane a offert un show milimétré comme elle sait si bien le faire, mêlant danse précise, échanges sincères avec le public et chorégraphies marquantes. Comme dans beaucoup de concerts ces dernières années, le steadycam n’est jamais loin de la chanteuse, ce qui offre une puissance particulière et une proximité, le quatrième mur disparaissant presque instantanément. Sur Champagne, on se croit quasiment dans le clip, version « le public participe ». Je t’accuse se joue devant le silence d’une foule compacte et émue, signe que les textes, dans le climat actuel, continuent à avoir une importance capitale. On en reveut.

Suzane @ Paléo Festival Nyon 2026 – Photo © Anne Colliard

Orelsan, juste Orelsan

Certes Orelsan, on l’a vu aux Charrues, à Musilac, à La Nuit de l’Erdre, au Main Square. La liste est longue, cet été. Qu’importe. Il faut être présent à chacun de ses shows, pour la simple et bonne raison qu’il est impossible de rater Yoroï, le premier titre de la setlist. Chaque entrée est unique : à Paléo, Yamê lui sert une bière avant de le conduire au plus près de la scène. Danseurs et cascadeurs luttent en backstage, sous les yeux des publics qui redécouvrent avec plaisir les scènes.

Adapté du film Yoroï justement, ce show est probablement le plus ambitieux de toutes les tournées d’Orelsan. Divisé en plusieurs actes, l’artiste change de tenues, laisse une certaine place à l’improvisation dans un spectacle extrêmement milimétré. Puis, les classiques quoi. La terre est ronde, Le Chant des Sirènes (on aurait aimé que ce titre ne soit pas en format medley, par ailleurs), Défaite de Famille évidemment, L’Odeur de l’Essence… Orelsan ne se refuse rien, pour notre plus grand plaisir. Il sera à retrouver, dans un format encore plus poussé, en tournée des Zéniths et des Arenas, avec pas moins de dix dates à l’Accor Arena de Paris.

Orelsan, Paléo Festival Nyon 2026 – © Thea Moser

Julien Clerc, l’invincible

Revenant sur de nombreuses décennies de carrière avec une humilité sincère, Julien Clerc a offert un show rare et plein d’émotions. Prenant la parole entre chaque titre pour conter l’histoire du morceau, mais aussi de sa carrière, Julien explique le choix de son nom de scène, sa relation artistique avec Françoise Hardy, ses histoires de famille. Si le public est relativement âgé pendant ce concert, les plus jeunes se laissent embarquer par les titres qu’ils ont pu écouter dans une Peugeot 106, sur Nostalgie en 2003. Ma Préférence, Coeur de Rocker, Ce N’est Rien… Et même Mélissa, qui a peut-être un poil mal vieilli.

On retiendra de cette performance que Julien Clerc est un réel showman, qui ne décroche jamais son sourire. La grande classe à chaque instant, sous la nuit étoilée de Paléo.

Julien Clerc, Paléo Festival 2026 – © Lionel Flusin

La performance puissante de Helena

On craignait l’annulation, très clairement. La veille, à Martigues, Helena a du annuler sa date en co-plateau avec Styleto, pour des raisons médicales. Vingt-quatre heures plus tard, et quelque centaines de kilomètres plus loin, voici Helena sur la scène Véga, quelques heures après sa collègue de télécrochet marguerite.

Helena, c’est l’émotion à l’état pur. Entre textes engagés et sincérité pudique, l’artiste belge montre que son talent va plus loin qu’une belle voix. Ses textes, parfois très personnels à la Capuche ou à la Summer Body, parfois impressionnants de maîtrise à la Aimée pour de vrai, résonnent dans le public, largement composé de familles, de personnes de tous les âges. Accompagnée de danseuses et danseurs, Helena fait le show pendant près d’une heure trente – soit plus longtemps que Theodora, qui n’a offert qu’une petite heure sur la Grande Scène la veille, pour un show qui restera dans les esprits.

D’ailleurs, Helena offre en live une version unique de Mauvais Garçon, laquelle aurait été envoyée par elle-même en Airdrop quelques jours avant, à de rares fans. Si ça, c’est pas un très très bon coup de com…

Marguerite, le sourire et les valeurs

marguerite, Paléo Festival Nyon 2026 – © Lucie Gertsch

C’est sa toute première tournée des festivals, et le public répond présent à chaque date. Il y a peu, elle jouait à Art Rock, sont tout premier festival, où nous l’avons rencontrée. Ses textes, aussi personnels soient-ils, résonnent dans les coeurs des nombreuses personnes qui ont le plaisir de la découvrir sur scène. Elle joue d’ailleurs bellevie, extrait de son album à venir le 2 octobre. Le sourire aux lèvres à chaque instant, elle flotte sur la scène et défend chacun de ses titres, repris à pleins poumons par le public, sous le soleil de Nyon.

Et puis, tous les autres…

On pourrait encore parler longuement de tous ces artistes qui nous ont marqué, lors de ce weekend à Paléo. Niveau international, entre Katy Perry, The Cure, Twenty One Pilots, Lorde, The Last Dinner Party, on a du mal à s’en remettre, on en a d’ailleurs fait un article. Paleo a quelque chose d’unique, probablement dans son mélange entre programmation absolument exceptionnelle, sans jamais oublier les jeunes talents suisses, français et internationaux et le village du monde, lieu à part dans le monde des festivals.

Paleo 2026 se referme avec un show de drones plus émouvant que jamais. 2027 sera la cinquantième édition du festival suisse, grand parmi les grands. Pour l’occasion, l’équipe annonce : il y aura un septième jour l’année prochaine. Mais « pas de Céline Dion » comme l’a précisé, non sans un sourire en coin, le directeur du mastodonte.

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