Charlie Winston en majesté à l’Olympia

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Photo de couverture : Charlie Winston – ©️ Jean de Blignières

Après une tournée qui l’a mené aux quatre coins de la France et de l’Europe, Charlie Winston posait ses valises ce mercredi 11 mars 2026 à l’Olympia de Paris. Un retour dans la salle mythique du boulevard des Capucines qui sonnait comme une évidence.

Le Grand Boulevard comme terrain de jeu

Il y a des artistes et des salles qui semblent faits l’un pour l’autre. Charlie Winston et l’Olympia font partie de ces couples qui s’évident dès que les lumières s’éteignent. Depuis Like a Hobo, classé numéro un en France en 2009, le Britannique n’a jamais vraiment quitté le cœur du public francophone. Cette année-là d’ailleurs, il jouait pour la première fois à l’Olympia, une salle qu’il affectionne particulièrement — il citera plusieurs des grands noms y ayant déjà joué — et qui l’affectionne tout autant. Sa tournée, baptisée What a Feeling Touret portée par Love Isn’t Easy— son sixième album sorti fin 2025 —, l’a vu remplir des salles partout en Europe avec une régularité impressionnante. Paris, logiquement, constituait une étape particulière.

La salle est comble. Et pas seulement comble : chaude, impatiente, prête.

Un début sans filet

Après une douce première partie portée par la douceur d’Aiden, pas de mise en bouche progressive pour le Britannique qui maîtrise le français à la perfection. Dance With You ouvre le bal d’emblée, et la couleur est donnée. Charlie Winston arrive tout lentement sur scène, comme s’il rentrait chez lui, avec cette décontraction souriante qui le caractérise depuis toujours. Derrière lui, carrés et rectangles illuminés forment le décor de la scène, accompagnant chaque titre de couleurs et d’énergies différentes. Mars et Kick the Bucket s’enchaînent dans la foulée, et l’Olympia, déjà debout, ne le sera plus vraiment assis jusqu’à la fin. Charlie salue le public, prend la parole dans un français parsémé de quelques mots d’anglais et, ému, raconte l’histoire de son dernier album, porté sur sa compréhension et sa vision de l’amour. Play That Game et Perfect Conditions installent un rythme de croisière efficace, avant qu’Exile ne vienne poser un moment plus suspendu, plus sombre, que le public boit avec attention.

La machine est lancée

Avant d’entonner I Do, Charlie Winston marque une pause. Le sourire aux lèvres et toujours en émotions, cette fois en anglais, il raconte comment, au détour d’un restaurant italien à Los Angeles en 2011, il a rencontré celle qui deviendra sa femme. Une rencontre improbable, un coup de foudre sincère, entre un Britannique préparant son album et une Azéréenne loin de chez elle. Il raconte cette histoire avec humour, avec tendresse. Si la femme ne connaissait pas encore Charlie Winston, cette dernière précisera rapidement que « sa mère, en fait, est très très fan de lui ». Sourires émus dans le public. Quand les premières notes d’I Do retentissent, le titre prend une toute autre résonance, plus puissante que jamais.

Puis, Photograph, extrait de Love Isn’t Easy, confirme que le public a fait ses devoirs. Les titres récents sont repris avec autant de familiarité que les classiques, signe d’une communauté de fans fidèle et investie. Never Enoughet Kick Out of Youremettent de l’énergie dans la salle, Bad Valentineet I Love Your Smileapportent leur lot de chaleur et de complicité avec les premiers rangs. Charlie Winston multiplie les échanges. What a Feelinget In Your Handsferment ce premier bloc dans une atmosphère plus intime, presque recueillie. Et c’est là que la soirée bascule.

Saule et Ibrahim Maalouf : les invités qui font basculer la soirée

Sur la fin d’In Your Hands, dont l’outro glisse naturellement vers Dusty Men, une silhouette monte sur scène. Saule — le chanteur belge dont la voix grave et chaleureuse est immédiatement reconnaissable — vient interpréter Dusty Manen intégralité. Le morceau, déjà chargé d’émotion sur disque, prend une autre dimension à deux voix, rappelle des souvenirs aux fans des premières heures. La complicité entre les deux artistes est visible, palpable, et le public parisien, surpris, embarque en quelques secondes.

Moment suspendu : Charlie Winston s’essaie d’abord à la trompette — non sans raconter les affres des aphtes liés à son apprentissage avorté de l’instrument — avant de s’installer au piano pour lancer Don’t Worry About Me. C’est alors qu’Ibrahim Maalouf foule les planches de l’Olympia. La trompette du musicien franco-libanais habille le morceau d’une couleur jazz et lumineuse qui tranche magnifiquement avec l’atmosphère folk-rock du reste de la soirée.

Like a Hobo referme le set principal dans un déluge de reprises collectives. L’hymne folk-rock du Britannique reste, quinze ans après, d’une redoutable efficacité.

Unconscious puis le titre éponyme de l’album ferment la soirée dans une communion totale : Charlie Winston prend longuement la parole pour remercier les nombreuses personnes de l’ombre et de la scène, son public évidemment, avant de refermer Love Isn’t Easy au piano sous les applaudissements nourris d’un Olympia conquis.

Proximité et générosité

Ce concert de l’Olympia confirme ce que les habitués savent déjà : Charlie Winston est un animal de scène d’une générosité rare. Son français impeccable glisé entre les morceaux, ses échanges naturels avec le public, son énergie constante sur près de deux heures de show — tout concourt à faire de chaque date une soirée à part. La tournée What a Feeling Tourse poursuit encore jusqu’à la fin du mois. Si vous en avez l’occasion, ne passez pas à côté.

Charlie Winston – ©️ Jean de Blignières
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