La parité dans les festivals, ou en sommes-nous ? 

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Photo de couverture : Benjamin Motreff

La parité dans les festivals, ou en sommes-nous ? 

Le constat des programmations « ultratestostéronées » des festivals de musique n’est pas nouveau, mais la prise de conscience est désormais de rigueur. Que ce soit dans le domaine de la musique, du théâtre ou des arts multidisciplinaires, les programmations sont toujours largement dominées par des artistes masculins. 

Néanmoins, grâce à l’initiative de groupes et de certains organisateurs, la situation commence à changer. Face à des festivals engagés et des initiatives de rééquilibrage, le domaine culturel s’efforce graduellement de refléter la diversité des artistes.

zaho-de-sagazan ©Morgan-Kergroach

Une sous-représentation persistante

Bien qu’une sensibilisation accrue soit présente, les statistiques demeurent évocatrices. D’après le Centre National de la Musique (CNM), en 2025, les artistes féminines composaient approximativement 29 % des programmations de concerts et festivals en France. En d’autres termes, moins de 25% des artistes programmés pour se produire en live sont des femmes ou des groupes dirigés par une femme.

Dans certains genres tels que le rock ou le métal, l’absence de femmes est encore plus prononcée, avec une représentation féminine très limitée. Par exemple, le festival Hellfest, l’un des plus grands festivals de metal en Europe, a souvent été pointé du doigt pour la faible présence d’artistes féminines dans ses programmations. Dans ces scènes musicales historiquement masculines, les groupes composés majoritairement de femmes restent encore rares.

Face à ce constat, certains festivals cherchent à faire évoluer leurs programmations afin de donner davantage de visibilité aux artistes féminines. C’est notamment le cas du Rock en Seine, qui affirme travailler depuis plusieurs années à augmenter la présence des femmes dans ses line-ups.

Des festivals entièrement dédiés aux artistes féminines

Quelques événements ont décidé de placer les artistes féminines au centre de leur programmation.

Le festival Les Femmes s’en mêlent, lancé en 1997, illustre bien cette démarche en mettant en avant des musiciennes de la scène indépendante internationale. Lors de son édition 2025, la programmation a notamment accueilli des artistes comme La Femme (avec la chanteuse Marion Aubert), Sprints mené par Karla Chubb, ou encore Mary in the Junkyard.

Aussi, le festival Les Créatives à Genève, qui s’inscrit dans une démarche multidisciplinaire, met en avant la création artistique dirigée par des femmes et des minorités de genre via des concerts, des représentations et des discussions.

Depuis 2012, en France, le festival Essenti’elles met à l’honneur les combats féministes et les aptitudes féminines à l’occasion de la Journée mondiale des droits des femmes. Ces festivals aident à donner de la visibilité à des artistes qui sont généralement absentes des grandes programmations.

Vers des programmations plus équilibrées

En dehors des festivals engagés, plusieurs manifestations s’efforcent de diversifier leur programmation et de promouvoir davantage les artistes féminines. Par exemple, le festival Traversées Tatihou a organisé une édition où 55% des artistes étaient des femmes. Des manifestations telles que Les Invites de Villeurbanne commencent aussi à porter un intérêt grandissant à la représentation féminine sur leurs affiches.

Même les festivals les plus réputés commencent à réviser leurs méthodes. Le Printemps de Bourges en France a déjà mis en avant une programmation équilibrée entre les genres et organise fréquemment des discussions sur le rôle des femmes dans l’industrie musicale. 

Bourges, France, le 16 avril 2025. Festival de musique du Printemps de Bourges 2025 Concert de Clara Luciani photo : LP / Olivier Corsan

Ces évolutions montrent qu’un changement commence à s’opérer. Toutefois, la question de la parité ne dépend pas uniquement des festivals eux-mêmes : elle se joue aussi en amont, dans l’industrie musicale. Le nombre de projets féminins bénéficiant d’une forte visibilité reste encore limité, ce qui influence directement les programmations.

Pourtant, certaines artistes récentes montrent que la tendance peut évoluer. Des chanteuses comme Theodora, Héléna Bailly ou Marguerite Thiam figurent désormais dans de nombreuses programmations de festivals et illustrent une nouvelle génération d’artistes féminines de plus en plus visibles. Leur présence croissante sur scène témoigne d’une évolution progressive du paysage musical.

Suzane @ La Nuit de l’Erdre – ©️ Romy Rycertz

Malgré ces avancées, l’industrie musicale reste encore marquée par des réseaux professionnels majoritairement masculins et des habitudes de programmation bien ancrées. La parité progresse donc lentement, et demeure encore un objectif à atteindre pour de nombreux festivals.

Une question centrale pour l’avenir des festivals

La parité dans les festivals ne concerne pas seulement les chiffres. Elle pose aussi la question de la diversité artistique et de la représentation sur scène.

Donner davantage de place aux femmes permet d’élargir les points de vue et de renouveler la création. Si certains festivals montrent déjà la voie, l’objectif reste désormais de faire de la parité une norme dans l’ensemble du secteur culturel.

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