Entre les Eurockéennes et Musilac, on a cette sensation que les festivals français aiment les jolis coins d’eau. À quelques dizaines de kilomètres des frontières de la Haute Savoie se cache l’un des mastodontes européens, le Paléo Festival. Esprit Festivalier s’y rend pour la première fois, on essaie de comprendre comment on a pu passer à côté.
Toutes les progs françaises au même endroit
Déjà, pas besoin d’aller à Paléo (car oui, comme pour Solidays, on ne met pas « au » devant Paléo) pour capter l’immensité du truc. Aucun festival français n’arrive à rameuter autant de têtes d’affiches. Plutôt : Paléo rameute toutes les têtes d’affiche de France. Katy Perry, Gorillaz, The Cure, Twenty One Pilots… tout le monde est là. Et pour le côté francophonie, on peut compter sur Theodora, Disiz, Suzanne, Feu ! Chatterton, Sam Sauvage ou encore St Graal. Et la liste est encore longue. Aya Nakamura est presque la seule tête d’affiche de l’hexagone à ne pas avoir donné rendez-vous.

Un site pensé pour les immenses foules
Le phénomène se comprend des la billetterie. Moins de vingt minutes ont suffi pour que tous les billets soient vendus. Pour éviter les problématiques de revente, quelques billets jour sont vendus chaque matin lors de l’édition. Aucun festival français ne réussit cet exploit, surtout qu’il est répété d’années en années.
Paléo est donc un énorme festival vieux de plusieurs décennies, niché entre Genève et Lausanne, aux abords du lac Léman. Le camping y est gratuit – sauf pour celles et ceux qui sont prêt•es à mettre un billet pour des tentes fancy, déjà montées à l’arrivée, pour près de mille euros les six jours.
Car oui, Paléo, c’est six jours de fête. Un peu comme le Sziget, qui jusqu’il y a quelques années, durait même une semaine. Les festivaliers arrivent donc le mardi pour la plupart, depuis la gare de Nyon, puis empruntent un train ou une navette qui les conduira aux portes d’entrées. Ou alors, font 45 minutes à pied, en mode Fête de l’Humanité (flemme, en vrai, en plus ici ça monte, c’est la suisse quoi). Puis comme aux Charrues ou au Printemps de Bourges, pour accéder aux entrées, il faut passer par un marché qui te propose plein de trucs dont tu n’as pas besoin, histoire de bien commencer.
Et c’est là qu’on comprend, ce que ça veut dire, méga festival.

Un mastodonte accessible
Ce qui surprend avec Paléo, c’est le caractère éclectique du public présent. Familles, enfants, grands parents, ami•es, tout le monde se retrouve dans une grande joie partagée. Que ce soit lors du concert de Suzane qui joue pour la première fois sur la grande scène ou au détour d’un stand de gaufres salées, il est facile de se perdre et de se retrouver, sans se sentir étouffé. Alors après, ces lignes sont écrites à 19h00. Que pourra t’on dire à 23h30, lors de l’arrivée de Twenty One Pilots ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, on a hâte de retrouver, dans quelques heures, leurs acolytes, Balu Brigada, croisés au détour d’un Trabendo bondé, il y a quelques mois.

