Article écrit par Antoine Defontaine
Photo de couverture : ©️ Alice Moitié
20 février 2020. À peine redescendu d’un show londonien la semaine précédente, Myd débarque au Transbordeur pour faire transpirer le si bouillonnant public lyonnais. Retour sur cette nuit XXL.
Le Transbordeur bouillonne. Tout le monde attend le show de ce soir. Après une première partie assurée par les DJs du collectif Onigiri Records, la salle est soudainement plongée dans le noir. Quelques secondes de flottement, et le Lillois apparaît dans son uniforme légendaire : short, t-shirt oversize et incontournables lunettes de soleil.
Le ton est donné d’emblée : ce soir, on ramène l’été en plein hiver. Dix minutes à peine après son entrée, Myd harangue la foule d’un fédérateur : « Lyon, comment je m’appelle ?! ». La salle rugit. Les premières notes de son tube Together We Stand retentissent, et l’on comprend vite que le show sera total. La scénographie est bluffante : un VJ manipule ses visuels en direct face à 12 écrans d’ordinateur tournés vers le public. De multiples caméras traquent le DJ sous tous les angles pour le projeter sur écran géant. Myd ne se contente pas de mixer : il nous ouvre son journal intime et nous invite dans sa chambre d’adolescent, là même où ses premières prods ont vu le jour. L’espace d’un instant, l’immense salle lyonnaise se mue en un cocon familier.

Pour les novices, le style Myd est un cocktail explosif mêlant house, disco, pop, breakbeat et même reggae. En repensant au jeune DJ de 2010, l’évolution est frappante : aujourd’hui, Myd chante, mixe et occupe l’espace avec une aisance déconcertante. Retour rapide en 2010 : au fond de la salle de réception d’un bowling de Douai, quatre énergumènes font leurs armes aux platines, entourés par Justice et la crème de l’écurie Ed Banger. Ces quatre garçons, rassemblés sous la bannière Club Cheval, font leurs grands débuts. Parmi eux, un certain Myd, loin de se douter de la carrière folle qui l’attend.
Côté platines, le grand écart est maîtrisé à la perfection. La folie douce de l’artiste — qui n’est pas sans rappeler, dans un registre plus pop, l’univers décalé d’un Julien Doré — contamine la scène. Le sommet de l’absurde ? L’apparition surprise d’un sosie de Bob Marley, caché dans un fly case, s’allumant le plus sereinement du monde un faux joint grand comme un avant-bras. Le public jubile.
Le thermomètre grimpe encore avec les irrésistibles The Sun et Our Home. Puis, Myd nous offre un savoureux retour en arrière. Le groove de All Inclusive s’enchaîne à la perfection avec la ligne de basse de Moving Men (son fameux feat avec Mac DeMarco).
Alors que le concert approche de son apogée, Myd fait s’accroupir l’intégralité de la fosse. La tension est à son comble. Quand le drop explose, ce sont des rythmiques brésiliennes frénétiques qui retournent la salle. En 15 secondes chrono, le public est téléporté de la moiteur des caves des clubs berlinois aux plages brûlantes de Rio. Le Transbordeur exulte et hurle en chœur « I made a song for you » tiré du titre Song For You.
La conclusion du live frôle la poésie. Myd disparaît physiquement de la scène pour réapparaître sur l’écran géant. C’est depuis les backstages, capté par un petit carré de webcam diffusé sur grand écran, qu’il chante 9am. Finalement, c’est tout en douceur, sur All For You, que le Français referme le chapitre de son concert. Dans la fosse, la perception du temps est brouillée : on ne sait plus bien si c’est le soleil qui se couche ou celui du petit matin qui pointe le bout de son nez.
Mais la parenthèse est loin d’être fermée.
2h45 du matin.
L’after party bat son plein. Myd est de retour sur scène, cette fois accompagné de DJ AMS et Roni pour un B2B de folie. Naviguant avec virtuosité entre techno et house, c’est finalement sur un hymne intemporel, le World Hold On de Bob Sinclar, que la foule entrera en lévitation. Il reste encore quelques heures avant l’aube, mais ce qui s’est passé ensuite appartiendra pour toujours aux murs du Transbordeur.
Pour les fans de Myd : la fête ne s’arrête pas là, l’artiste sera présent au Centquatre le 13 mars, accompagné du fleuron de la scène : Busy P, Kink, Sofia Kourtess et Atomk7. La billetterie est déjà disponible ici !

