Ultra Vomit, c’est l’anomalie du metal français. Un groupe de metal parodique et humoristique qui, depuis plus de vingt-cinq ans, réussit l’exploit de faire headbanguer des gens qui ne se seraient jamais croisés ailleurs. Les puristes du death, les fans de Calogero, les amateurs d’Orelsan, les trentenaires nostalgiques et leurs enfants se retrouvent tous dans la même fosse, le sourire aux lèvres.
Lumières, rideaux, pop-corn : bienvenue au cinéma
En pénétrant dans le Zénith, on comprend immédiatement qu’Ultra Vomit n’a pas fait les choses à moitié. Le décor planté sur scène est celui d’un cinéma. Écrans, ambiance salle obscure, tout est là pour suggérer qu’on ne va pas assister à un simple concert, mais à une projection. Et puis les lumières s’éteignent. Le film commence.
C’est avec Evier Metal qu’Ultra Vomit plonge la salle dans son univers délirant, la fosse s’agite dès les premières secondes. Doigts de Metal, parodie d’Orelsan, s’impose rapidement comme l’un des premiers grands moments de la soirée. Puis E-Tron (Digital Caca) prouve qu’il est taillé pour les grandes salles. Enfin, Calojira : prendre Face à la mer de Calogero et la passer dans les sonorités implacables de Gojira, c’est une idée qui n’aurait dû exister que dans les rêves des metalheads.
La fosse explose, les invités défilent !
C’est sur Un Chien Géant que le groupe accueille sur scène Niko Jones de Tagada Jones. Le pogo éclate, s’étend, absorbe tout. Vient ensuite le temps de la minute Manard, une institution au sein d’une institution. Depuis 25 ans, la tradition veut que le batteur prenne le micro le temps d’un morceau ou deux. Ce soir, Manard choisit de rendre hommage à Lio, et le Zénith se retrouve à chanter de la pop dans une salle de metal. C’est absurde. C’est parfait. C’est Ultra Vomit.

Mouss de Mass Hysteria monte sur scène pour interpréter Mouss 2 Mass, et le public réserve à l’invité une ovation à la hauteur de l’instant. Ces moments de complicité entre artistes sont toujours les plus beaux à vivre depuis la fosse.
Après un rappel dévastateur, la salle se vide lentement, le public semble sur un petit nuage. Ultra Vomit n’est pas un groupe qui fait semblant : leur maîtrise technique est réelle, leur humour est cinglant, et leur capacité à fédérer dans l’une des plus grandes salles de France est proprement remarquable. Dans un paysage où le métal et même la musique de manière générale peut parfois se prendre trop au sérieux, Ultra Vomit rappelle que la grande famille des metalheads sait aussi rigoler d’elle-même. Et ça, ça n’a pas de prix.
