Rock en Seine privé de subventions, après la venue de Kneecap en 2025

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Pour la deuxième année consécutive, la région Île-de-France et la ville de Saint-Cloud ont décidé de ne pas accorder de subventions à Rock en Seine, dont la prochaine édition doit se tenir fin août 2026. Le bras de fer est devenu politique permanente. Et pourtant. Le festival, lui, continue, tout en regrettant, selon l’AFP, un « signal très mauvais » de la part de la région. En d’autres termes, l’un des festivals les plus importants de France se tiendra cet été dans un domaine que sa ville hôte refuse de soutenir.

Tout part de l’annonce de la venue de Kneecap, groupe irlandais, pour l’édition de 2025. Quelques mois après cette annonce, la région avait retiré une subvention de 295 000 euros, suivie par la municipalité de Saint-Cloud, qui avait supprimé son aide de 40 000 euros. En cause, les propos de son leader Mo Chara, poursuivi pour « infraction terroriste » après avoir notamment lancé « vive le Hamas, vive le Hezbollah » lors d’un concert au Royaume-Uni. Rock en Seine avait maintenu le groupe aux positions plus qu’assumées. La polémique, elle, ne s’est apparemment toujours pas éteinte, des mois après la fin de l’édition de 2025. En parallèle, le groupe qui a vu une marée humaine à son concert de Rock en Seine, enchaîne les dates dans l’hexagone, et sera au Zénith de Paris le 20 novembre prochain.

En 2026, la logique se confirme et se durcit, alors même que le groupe n’est plus programmé. Lors d’une commission permanente, la vice-présidente à la culture Florence Portelli a rejeté une proposition visant à « renouer avec le soutien régional de Rock en Seine ». La position est assumée, sans nuance : « Il y a certes une liberté de création, mais nous avons aussi la liberté de donner notre pognon ou pas. » Du côté de la ville de Saint-Cloud qui accueille le festival, même fermeté : « Cette année il n’y aura pas un seul euro attribué à Rock en Seine », tranche le maire Éric Berdoati, ex-LR, qui se maintient à la ville depuis 2005.

Photos de couverture de Louis Comar
Rock_En_Seine

Dans une tribune publiée en 2025, Matthieu Pigasse, propriétaire du festival, dénonçait « l’attaque frontale et inédite de la droite radicale contre la culture » : la réaction ne s’est pas faite attendre. « La région a en outre été insultée par voie de presse », a déploré par la suite Florence Portelli. Toutefois, rappelons que le festival, comme tous les autres, est maître de sa programmation, bien que même s’il doit en assumer les conséquences. Car un festival, même s’il génère des recettes pour les villes qui l’accueille, reste un format naturellement politique. En effet, choisir un groupe, un artiste, une position culturelle, est un acte qui n’est jamais sans conséquence.

Si l’on peut trouver les prises de position de Kneecap problématiques, nous pouvons tout de même considérer qu’utiliser les subventions comme levier de programmation ouvre une porte difficile à refermer par la suite. Les municipalités, préfectures doivent-elles influencer les programmations, avec la carotte d’une potentielle subvention ? Ajoutons qu’en 2026, encore, la région Grand-Est a souhaité priver le festival Jardin du Michel d’une subvention de 94 000 €, sous prétexte de la présence de Sniper pour des paroles de certains textes jugées comme « anti-république » et de risque de « troubles à l’ordre public » selon la même région.

Dans le cas de Rock en Seine, le budget du festival frôle les 18 millions. Les subventions supprimées ne représentent donc pas un risque existentiel, dépassant donc les 300 000 euros entre la ville et la région, bien qu’elles puissent actuellement compliquer les prises de décision de l’organisation. Rappelons tout de même que, selon le Centre National de la Musique, 48 % des festivals de musique et d’humour analysés sont déficitaires, dans un contexte de hausse des cachets et des coûts de sécurité. Que les festivals les plus solides se voient retirer des soutiens publics pour des raisons politiques, pendant que les plus fragiles cherchent à survivre, mérite qu’on s’y arrête sérieusement.

L’édition 2026 aura lieu du 26 au 30 août, avec Nick Cave & The Bad Seeds, The Cure ou Tyler, the Creator à l’affiche. 

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