Article par Maud Cairol et Aliénor Arents
Originaire du Michigan et formé depuis 2013, le groupe n’a de cesse de développer un style plus personnel à chacun de ses nouveaux albums. Leur dernier en date a pourtant une importance particulière car le groupe a dû faire face, quelques mois avant la sortie de leur nouveau projet, au départ soudain du chanteur principal, Brian Burkheiser, qui a dû quitter le groupe pour des raisons de santé mentale. Pilier vocal pour le groupe depuis sa création, Brian formait avec Eric Vanlerberghe un duo iconique qui faisait l’identité de leur musique. Toutefois, ce départ tragique n’arrêtera pas la créativité du groupe. Le ton est donné : l’album sera plus sombre.
Lors de son dernier passage dans la capitale française en 2024, le groupe avait retourné L’Olympia lors d’un concert à guichet fermé. Cette fois-ci, avec la sortie de leur nouvel album, la tournée The European Violent Nature Tour fait une halte dans la salle du Zénith de Paris qui a vu jouer des groupes mythiques de la scène métal contemporaine comme Architects (2024) ou encore Bad Omens (2025). Le groupe I Prevail se place donc au même niveau que les plus grands et a su conquérir le public français grâce à un son fort et reconnaissable, très ancré dans ce que la scène métal produit actuellement. En effet, l’hybridation des genres est un phénomène actuel très en vogue dans la scène métal et I Prevail n’échappe pas à la règle. Dans leur dernier album, Violent Nature, sorti le 19 septembre 2025, on retrouve des morceaux comme Pray qui sont un mélange d’influences metalcore commercial et pop-rock moderne, et des morceaux plus audacieux comme Crimson & Clover, qui est une balade douce, très mélodieuse, voire un peu pop. On retrouve aussi les fameux morceaux attendus par tous.tes les metalleux.ses, comme Annihilate Me, Rain, Into Hell et Stay Away, où lorsqu’on l’écoute chez soi on peut s’imaginer dans une salle de concert à headbanguer et à crier les paroles en pogotant.

De retour au Zénith où la soirée s’ouvre avec comme premières parties deux groupes metalcore montants, Polaris et GORE, eux aussi proches des sonorités actuelles et de la diversité de la scène métal (nu metal, metalcore, alternative metal, etc.).

Polaris au Zénith de Paris - 06/09/2026 - Photo Maud Cairol
Alors que la salle toute entière brûle d’impatience, le noir tombe sur le Zénith et la première note résonne : le show est lancé. Le concert s’annonce très heavy : dès la deuxième chanson, le groupe joue Bow Down issu de leur album fard Trauma (2019). Les jeux de pyrotechnie accompagnent les morceaux histoire de chauffer encore plus la salle qui est déjà brûlante.

I Prévail au Zénith de Paris - 06/09/2026 - Photo Maud Cairol
Alors que jouent les premières notes de « Violent Nature », le premier circle pit fait son apparition dans une fosse déchaînée. Le public est au rendez-vous, et se laisse emporter par l’énergie « métallique » du groupe. Juste après Body Bag, I Prevail reçoit sur scène Amira Elfeky, artiste qui a fait la tournée américaine à leur côté et qui vient chanter avec eux sur « Paradise », une collaboration réalisée tout fraîchement en 2026.
C’est ensuite au tour des vieilles chansons, de quoi ravir les fans les plus anciens, avec des titres comme Blank Space (2014). Lors de ses interactions avec le public, Eric V. se challenge et s’adresse en français à son audience, ce qui a su toucher le cœur des fans francophones. Pour les admirateurs de Gabe Helguera, le batteur du groupe, le show a même prévu un solo où il se retrouve seul sur scène, des lumières arc-en-ciel pointées sur lui, à jouer sur un remix métal de la reprise du DJ italien Benny Benassi Satisfaction.
Pour les deux dernières chansons, I Prevail a choisi de remercier son public en lui offrant deux de ses titres iconiques : tout d’abord Hurricane, sur laquelle le public allumera ses flash pour accompagner la balade, suivie de Gasoline pour achever le show sur un dernier pic d’énergie.

I Prévail au Zénith de Paris - 06/09/2026 - Photo Maud Cairol
Ainsi, I Prevail parvient à satisfaire tout le monde : on retrouve des riffs lourds et intenses qui submergent les morceaux, des envolées mélodiques viscérales et atmosphériques qui rentrent dans la tête. L’énergie qu’ils donnent sur scène est généreuse, et le show est assuré malgré le départ de leur leadvocal — qui n’a toujours pas été à proprement parler remplacé. Violent Nature est ainsi un bon exemple du travail que doivent réaliser les groupes du métal contemporains mainstream pour maintenir la balance entre brutalité et accessibilité.






