Calogero, intimiste à Aix les Bains

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Il y a des salles qui portent en elles quelque chose d’un peu prévisible, attendu. L’auditorium du Centre des Congrès d’Aix-les-Bains, avec ses sièges oranges bien alignés, n’est pas ce qu’on imagine spontanément quand on pense à un écrin pour Calogero, qui quelques années jouait sur les plus grandes scènes de France, de la Fête de l’Humanité en 2024 à l’Accor Arena il y a près de dix ans. Lui-même ne s’y est pas trompé : il en a ri dès les premières secondes, faisant remarquer la teinte quelque peu singulière du mobilier avec ce petit humour tranquille qui le caractérise. La glace est brisée, et d’un coup, l’endroit devient le sien. Retour sur une date particulièrement marquante au centre-ville de cette charmante ville de Rhône-Alpes.

Seul sur scène, habillé de noir, face à un piano noir, quelques bougies disposées comme des veilleurs — Un soir dans les théâtres ouvre le bal et dit tout, d’emblée. C’est presque un manifeste : la musique, la culture, la liberté. On ne fait pas semblant d’y croire : on y est, à quelques mètres de l’artiste, originaire de la région. Le premier titre joué ce soir ne trompe pas : Un soir dans les Théâtres. Danser encore et Les feux d’artifice suivent et confirment l’intention : ce soir, Calogero vient partager plusieurs décennies de tubes dans une atmosphère intimiste.

Le set avance avec une cohérence remarquable. C’est dit, 1987, Louise… Chaque titre construit une intimité qui s’installe progressivement entre l’artiste, ses deux musiciens, et une salle qui connaît chaque mot. Avant toi, puis Fondamental, accentuent encore l’émotion. Les jeux de lumières accompagnent sans jamais écraser, toujours au service de ce que la chanson cherche à transmettre. 

La salle, elle, sait ce qu’elle est venue chercher. Quand Le portrait démarre, les voix montent seules, sans invitation. Ce n’est pas un public qui reprend en chœur, c’est un public qui chante, et Calogero qui écoute. Il applaudit. Le public applaudit en retour. Ce rituel de réciprocité, répété tout au long de la soirée, n’a rien d’une formalité avec un artiste largement connu pour sa générosité scénique et qui n’a jamais vu son succès comme acquis.

Danser sur les braises, Le temps, et puis arrive Comme ils disent. La reprise d’Aznavour, posée dans le dépouillement du dispositif scénique, porte chaque mot avec une délicatesse qui fait monter les larmes sans prévenir. C’est ça, le théâtre : l’impossibilité de se cacher derrière les effets. 

Avec les titres J’attends, X, C’était mieux après, Passage des cyclones, la soirée tient son rythme, oscille entre douceur et tension, avant qu’En apesanteur ne vienne rappeler pourquoi il a rempli des grandes salles et des festivals pendant vingt ans. Nous avons sauté et crié à Musilac par deux reprises sur ce titre, ce soir n’y changera rien malgré le cadre largement différent d’un festival où les bras et les corps dansent à perte de vue.

Puis le rappel. Et là, quelque chose d’inattendu : la Chanson Sicilienne, en sicilien, livrée comme une confidence sur ses racines. Il est presque timide en l’introduisant, hésitant dans ses mots — étonnant pour quelqu’un de cette envergure, et touchant pour exactement la même raison. Si seulement je pouvais lui manquer prolonge l’émotion, avant que Tien An Men ne referme le tout avec la force tranquille qui convient.

Ce « Tour des théâtres » n’est pas une tournée comme les autres : quinze ans après être passé par ces mêmes salles, pour le coup complètement en solo, Calogero y revient pour faire une chose rare dans le paysage actuel : ralentir, se rapprocher, donner à entendre ses chansons pour ce qu’elles sont vraiment. Ce soir à Aix-les-Bains, les sièges oranges avaient presque de l’allure.

Calogero sera de retour dans plusieurs salles de la région, mais aussi du pays : Grenoble le 16 avril, Deauville un mois pile plus tard, avant un retour dans la région, à Annecy, le 21 mai. Toutes les dates sont à retrouver sur le site officiel de la tournée.

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