Fête de l’Humanité 2026 : trois jours de fête et d’engagement

Du 11 au 13 septembre 2026, la Base 217 du Plessis-Pâté a accueilli la 91e édition de la Fête de l’Humanité. Pendant trois jours, l’événement a mélangé concerts, débats, spectacles et rencontres, avec une programmation allant du rap au rock, en passant par le reggae, la salsa ou encore l’électro. Une édition où la fête n’était jamais très loin de l’engagement.

Fête de l'Humanité 2024 ©️ Chang Martin
Fête de l’Humanité 2024 ©️ Chang Martin

Kneecap, un concert qui ressemble à une manifestation

Impossible de ne pas commencer par Kneecap, tête d’affiche de la première soirée. Le trio irlandais, connu pour son mélange de punk et de rap et ses prises de position antifascistes et anticolonialistes, a livré l’un des concerts les plus marquants du week-end.

Leur venue avait d’ailleurs une résonance particulière après leur passage à Rock en Seine en 2025. Le festival avait subi le retrait de subventions après avoir maintenu le groupe à l’affiche malgré ses prises de position en faveur de la Palestine. À la Fête de l’Huma, Kneecap était donc particulièrement à sa place. Sur scène, le groupe a rappelé l’importance pour les festivals de pouvoir accueillir des artistes engagés. Dans le public, pogos, fumigènes et drapeaux ont parfois donné au concert des airs de manifestation. Un moment aussi politique que festif. Kneecap sera d’ailleurs de retour à Paris le 20 novembre au Zénith.

THÉA, Kiddy Smile et une scène queer engagée

Autre moment fort : THÉA. L’artiste antifasciste a notamment partagé la scène avec Rebeka Warrior, avec qui elle vient de sortir un morceau. Les deux artistes ont également interprété « J’aime mon pays ».

Dans un autre registre, Kiddy Smile a lui aussi fait danser le public avec son univers house et queer, toujours accompagné d’un discours profondément anticolonialiste et engagé. La dimension militante se retrouvait également dans les spectacles. Planète Boum Boum, présent bénévolement sur la scène « Le 92 invite le monde », mêle musique, danse et humour pour aborder des sujets comme les pesticides ou la fiscalité des plus riches.

Du rap au reggae, il y en avait pour tout le monde

Côté rap, Oxmo Puccino a offert un concert porté par ses textes engagés comme aux Printemps de Bourges plus tôt dans l’année, avec une belle surprise à la clé : l’arrivée de MC Solaar sur scène.

Naza, également présent au Festival Les Nuits Carrées, aura été l’une des bonnes surprises du week-end. Très proche du public, souriant et particulièrement généreux dans les interactions, il a mélangé rap, danse afro et musiciens live. Même chez ceux qui le connaissaient peu, le concert a largement convaincu.

Autre ambiance avec UB40. Le mythique groupe britannique de reggae a attiré une foule immense devant la scène Angela Davis. Un concert intergénérationnel qui a fait chanter une bonne partie du festival. Et pour les amateurs de salsa, Yuri Buenaventura, accompagné de son orchestre, a fait voyager le public jusqu’en Colombie.

Fête de l'Humanité 2024 ©️ Chang Martin
Fête de l’Humanité 2024 ©️ Chang Martin

Des découvertes partout

La Fête de l’Huma, c’est aussi l’occasion de découvrir des artistes moins attendus. Cyrilman et Agnesca, DJ réunionnais, ont notamment proposé un mélange de techno et de maloya, faisant dialoguer musiques électroniques et traditionnelles.

Coup de cœur également pour Girls in Hawaii. Le groupe de rock alternatif belge, porté par deux voix très différentes, a proposé un live énergique et particulièrement convaincant. Une belle découverte, notamment grâce au travail du label et producteur À gauche de la lune, très impliqué dans l’émergence d’artistes en France. Entre les concerts, les festivaliers pouvaient également profiter des nombreux stands, spectacles, débats et animations, dont Drag Race. Une programmation qui donne au festival une identité bien différente de celle d’un événement musical classique.

Trois jours à l’image de l’Huma

C’est finalement ce mélange qui fait la particularité de la Fête de l’Humanité. Ici, la musique et l’engagement avancent ensemble. On peut passer d’un concert de Kneecap à un set de Cyrilman et Agnesca, d’un spectacle militant à UB40, puis terminer la journée devant Naza.

Pendant trois jours, la Base 217 est devenue un immense espace de fête, de rencontres et de revendications. Une édition qui aura surtout confirmé que, à l’Huma, on peut venir pour la musique, mais repartir avec bien plus que ça.

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